Pourquoi Christophe ?
C’est l’histoire, de Christophe, que le divorce de sa mère va bouleverser, sa vie. Il va lui arriver, des milliers de problèmes. Il est gay, il va aller, jusqu'à la drogue, faire de la prison. Il va attraper la maladie du siècle (le sida) . Le combat sur la maladie, ses amours, sa mort. Un témoignage, vrai, poignant. Écrit par son ami.
Pourquoi, écrire un livre sur la vie de Christophe ?
Il voulait l’écrire, mais le courage et les forces lui ont manqué, dommage, car le récit aurait été plus complet.
Pour moi c’est une quête de la vérité, aussi pour pouvoir chasser mes démons.
Par une matinée agréable le vendredi 4 avril 1969 à Noisy le Grand. Danielle(sa mère) revient du marché quand elle perd les eaux, départ à 13h30 pour la clinique de Neuilly sur Seine. Naissance à 23h30 d’un petit Christophe, Daniel de 3kg880 c’était un bébé gentil, propre rapidement, intelligent.
Toujours dans les jupes de Danielle. Il dormait avec elle, et Jean Claude (son père) disait de lui, « ce sera une pédale plus tard «. Il aimait se déguiser en fille, faire le ménage, très maniaque du rangement. Il ne posait pas de problème, jusqu’au divorce de ses parents. Il n’a pas compris ce monde d’adultes. La séparation avec sa mère, a été terrible pour lui. Il ne voulait pas dormir seul, quand Jean Claude a repris ses fils avec lui à l’étranger à cause de son travail. Chaque nuit, il pleurait, allait dormir avec Jean Claude, quand il le trouvait dans son lit, il le frappait. Il lui avait interdit de parler de sa mère. Quand ils sont rentrés en France il avait 10 ans et il ne savait toujours pas lire. Il ne voyait Danielle qu’à la sauvette, quand elle venait les chercher, le vendredi à la sortie de l’internat. Il a été incompris, mal aimé. Christophe me disait souvent « Jean Claude m’a volé mon enfance ». Il lui en a beaucoup voulu et à Danielle également persuadé qu’elle l’avait abandonné.
A l’école il faisait les quatre cents coups du genre peindre les cheveux de sa copine en rouge, danser sur le bureau de la directrice.
En réponse à des problèmes avec Jean Claude, le divorce a été prononcé durant l’année 1976, Danielle eût la garde des enfants.
il a tout fait pour reprendre les enfants, par vengeance. Il les a demandés, pour aller en Égypte ainsi qu’une notification de la garde du fait d’un problème de son ex-épouse avec la police. Le juge la lui a accordée
La fugue
Un matin très tôt il prend l’argent du grand-père, le vélo de Jany (Jany et Robert des amies de son père qui s’occupent des enfants pendant que son père travaille à l’étranger) pour prendre le train.
Pourquoi cette fugue ? Au dire de Christophe :
« J’en avais marre que Jany se prenne pour ma mère ! Jean Claude me battait à toute occasion et surtout pour mes mauvaises notes à l’école. Le pire ! C’est quand il m'a surpris, habillé en fille là, j’ai reçu la raclée de ma vie. Contrairement aux autres enfants, on ne m’a jamais acheté de jouets, seulement de l’utile, des vêtements sous prétexte que mes notes étaient mauvaises à l’école. Je ne pouvais pas voir ma mère, mon père ne le voulait pas. Quand à ma sœur Catherine, elle était à la rue et sa vie était très dure».
Je rapporte cette version de l’enfance de Christophe qu’en me basant sur ce qu’il m’en a raconté. Lorsqu’il le faisait, il en était bouleversé
Il existe une autre version celle de Robert et Jany différente dans laquelle il a bien eu des jouets, il pouvait voir sa mère, et lui écrire.
La juge
En présence des deux parents réunis pour l’occasion, la juge pour enfant a décidé de le mettre dans un foyer, en attendant de lui trouver une famille d’accueil. Sans lui demander s’il voulait aller avec l’un de ses parents, à sept ans il me semble que c’est un choix que l’on peut faire. Elle lui a trouvé une famille, mais il s’est rapidement rendu compte qu’il avait affaire à de nouveau Ténardiers pour qui seul l’argent de la pension comptait. Sa chambre était dans un coin du garage, sauf le jour du contrôle de l’assistante sociale où il avait le droit à une vraie chambre dans la maison. Après, il est allé dans diverses familles, dans lesquelles il ne restait pas longtemps il y a eu alors des cycles de fugues, retours au foyer. Il a plusieurs fois demandé à la juge un endroit avec des chevaux, elle l’a mis dans un élevage de chevaux comme palefrenier, le matin debout à 5 heures jusqu’au soir et en plus il n’avait pas le droit de les monter alors qu’il en rêvait. Une seule fois, la juge l’a mis dans une famille où il se trouvait très bien, mais hélas, le couple s’est senti trop vieux pour s’occuper de lui. Il ne voulait plus de famille d’accueil, mais la juge la mis dans une dernière famille où il n’est resté que quelques heures, car la, c’était vraiment intenable. Pour la première fois il a fait une fugue pour aller voir sa mère à Rouen, mais à cause de son beau-père, ce n’était pas facile de la rencontrer car son beau père exigeait d’elle de l’argent pour que Christophe puisse passer un après midi avec elle(150 euros). La version de Danielle est différente de celle de Christophe : « il n’a payé qu’une seule fois 110 € pour passer un week-end avec moi ». Quant à Catherine(sa sœur) c’était encore plus difficile de la voir car elle continuait sa galère.
La juge le mît, enfin dans un foyer de Meaux, ou il avait une chambre pour lui. Sa mère et sa sœur pouvaient venir le voir.
Il a très vite remarqué, qu’à 14 ans, il pouvait gagner de l’argent avec son corps ! Il a rencontré un vieux qui lui a proposé de l’argent, pour
qu’il lui fasse une fellation. Christophe lui a pris son argent, s’est sauvé, sans rien lui faire. Depuis plusieurs mois, il avait remarqué que le libraire vendait une revue, dont la couverture
était un homme à moitié nu ( gay pied ). Il a pris son courage à deux mains pour voler la revue. C’est à ce moment qu’il s’est aperçu, qu’il n’était pas seul à aimer le même sexe. Dans
la revue il a lu qu’il y avait un endroit de rencontre dans les jardins des Tuileries c’est là qu’il a commencé le sexe, et qu’il est devenu un gigolo pour pouvoir se payer une chambre d’hôtel.
Très vite, sa vie a été la nuit dans les bars, les boîtes gay.
Un extrait de la chanson de Renaud :
«T’aurais été couard pas de lézards.
Besoins de l’annoncer à personne.
Mais c’est franchement une autre histoire.
Que d’avouer j’aime les hommes !
C’est pas d’ta faute, c’est la nature.
Comme l’a si bien dit Aznavour.
Que c’est quand même sacrément dur.
A l’âge des premières amours.
Petit pédé .
À Paris tu as débarqué.
Dans les back-room du Marais.
Dans ce ghetto un peu branché.
Tu as commencé à t’assumer.
Pour tous les homos des bars gays.
Tu étais un enfant perdu.
Tu as été bien vite adopté.
Même si c’était pour ton cul.
Petit pédé.
Tu t’es laissé aller parfois.
A niquer plus que de raison.
C’est ta liberté, c’est ton droit.
T’as heureusement fais attention.
Tu t’es protégé de ce mal.
Qui a emporté tant de tes potes.
Grâce à ce virus infernal.
Ne sortez jamais sans capotes.
Petit pédé.
Tu seras malheureux parfois.
La vie c’est pas toujours le pied.
Moi qui ne suis pas comme toi.
Le malheur j’ai déjà donné.
Qu’on soit tarlouze ou hétéro.
C’est finalement le même topo.
Seul l’amour guérit tous les maux
Je te le souhaite, au plus tôt.
Petit pédé »
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